McCay-couvAttention événement ! Depuis le 23 juin et jusqu’au 1er octobre, l’exposition Winsor McCay à Cherbourg-en-Cotentin dresse le panorama de la carrière d’un génie du 9e art et du dessin animé. Précurseur dans les deux domaines, le dessinateur américain (1869-1934) révolutionna chaque medium en en tirant la substantifique moelle. Une exposition à ne rater sous aucun prétexte. Et pour vous donner un avant-goût de son contenu, suivez la visite de Cases d’Histoire. 


Voir de près des originaux de Winsor McCay, l’expérience n’était pas donnée à tout le monde. D’abord parce qu’un grand nombre d’entre eux est perdu à jamais (sur 549 épisodes de Little Nemo, n’en subsiste qu’un petite centaine), ensuite parce que les rescapés se trouvent chez une kyrielle de collectionneurs privés, situés un peu partout autour du globe. Il aura ainsi fallu au galeriste Bernard Mahé prendre son bâton de pèlerin pour convaincre les prêteurs et mettre sur pieds une telle exposition. Ne comptez donc pas sur une prolongation de cet événement, les propriétaires desdites œuvres n’étant pas le moins du monde enclin à laisser leurs bijoux de papier dépasser les trois mois réglementaires d’exposition à la lumière.

Sous la houlette de Benoît Peeters et François Schuiten, deux grands connaisseurs de l’œuvre de McCay, l’accrochage traverse chronologiquement la carrière du dessinateur natif de Spring Lake, Michigan. En contextualisant d’abord ses débuts avec quelques planches de ses contemporains, auteurs de bande dessinée aux Etats-Unis. Avec entre autres Rudolph Dirks, George McManus, la salle vaut déjà le déplacement. Puis l’on passe aux premières productions notables de McCay (Little Sammy Sneeze, Dreams of the Rarebit Fiend, Hungry Henrietta) avant d’entrer dans le vif du sujet avec son chef d’œuvre Little Nemo. Planches originales, pages de journaux, planches avec indications de couleurs, bandeaux titres, les pièces d’une beauté étourdissante et d’une recherche formelle ahurissante s’enchaînent. La suite de l’exposition montre par écrans interposés, que le maître de la bande dessinée devient également un des premiers génies du film d’animation. Ses dernières réalisations, orientées vers le dessin de presse, confirment que ce touche-à-tout du dessin a de l’or dans les doigts. Examiner au plus près tous ces originaux est une expérience mémorable qu’il serait vraiment impardonnable de manquer.

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