La collection des Grandes Batailles navales publiée par les éditions Glénat continue de faire les beaux jours des amateurs de belle marine et de combats épiques. Après un détour par la Chine médiévale, la Seconde Guerre mondiale et l’Antiquité romaine, le maitre d’œuvre de la série, Jean-Yves Delitte revient en Europe, au siècle du Roi-Soleil.(suite…)
Tout au long du conflit civil espagnol, mais plus encore dans les périodes d’avancées franquistes, les républicains doivent fuir la répression annoncée et se réfugier principalement en France. Le plus gros contingent de fugitifs est celui consécutif à la victoire franquiste définitive de mars 1939, qui pousse un demi-million de républicains à quitter leur pays et à gagner le territoire français, que ce soit celui de la métropole à travers les Pyrénées ou de l’Afrique du Nord française en traversant la Méditerranée. C’est la Retirada (la « retraite »). Les bandes dessinées françaises actuelles décrivent leur calvaire. Elles nous parlent aussi de leur « accueil » en France. Ces républicains qui seront parqués par les autorités françaises dans des camps dressés à la hâte, ne sont pas au bout de leurs tribulations. La Seconde Guerre mondiale, qui commence six mois après leur exode, achève de disperser ces réfugiés. Ceux qui survécurent à ces épreuves et ne voulurent pas rentrer en Espagne durant le temps de la dictature, connaîtront le reste de leur vie durant l’amertume de l’exil, jusqu’à ce que la mort de Franco et la transformation démocratique de l’Espagne permettent à certains de revenir. (suite…)
L’avènement de la Ve République et le volontarisme de son créateur n’ont pas aplani toutes les difficultés de la France de manière providentielle. Solidement épaulé par l’historien Gilles Gauvin, Tehem a choisi d’évoquer, dans Piments zoizos, un dossier sensible de la politique démographique française pendant les Trente Glorieuses : celui des enfants réunionnais soustraits à leur milieu familial pour être envoyés en métropole. Les héros de cette chronique douce-amère disent avec cœur et justesse combien résoudre la misère par le truchement de l’administration peut s’avérer chaotique et douloureux pour tous les maillons humains engagés dans un processus d’adoption.
Au cœur des dernières années de l’Italie fasciste, Le Journal de Clara s’invite aux côtés de Mussolini, à travers les yeux de sa maîtresse Clara Petacci. Clément Xavier et Pauline Cherici adaptent avec finesse et énergie le journal intime de la jeune femme pour dresser en filigrane un portrait sans concession du Duce. L’imposture du maître de l’Italie de l’entre-deux-guerres n’en est que plus flagrante. (suite…)
En 1898, la découverte par les époux Curie d’une des propriétés qui ont donné son nom au radium a ouvert des perspectives alléchantes aux industriels de tout poil. Ainsi, dans l’usine de l’USRC d’Orange (New Jersey), de jeunes ouvrières repassent les chiffres des cadrans de montres à la peinture phosphorescente, inventée en 1915. Elles ne peuvent imaginer que chaque coup de pinceau les empoisonne et creuse imperceptiblement leur tombe. La jeune autrice et dessinatrice Cy s’empare de l’histoire de ces filles irradiées et leur rend hommage dans une chronique sociale et féministe, dont le parti-pris graphique audacieux accroît la réussite. (suite…)
Dans la période troublée du conflit civil espagnol, des destins se nouent et se tracent. C’est le cas pour le devenir de certaines femmes, ordinaires ou exceptionnelles, inconnues ou internationalement célèbres, de fiction ou icônes historiques. Les BD publiées en France se font l’écho de ces tracés de vies de femmes de trois manières différentes : en les décrivant dans leurs milieux sociaux spécifiques, en racontant leurs expériences de militantes et de combattantes, et enfin en retraçant l’amertume de leur exil.(suite…)
Pendant leur âge d’or (1920-1960), les studios hollywoodiens n’ont pas lésiné sur la diffusion du rêve américain. Dans Black-out, Loo Hui Phang et Hugues Micol explorent l’envers de ce décor clinquant. En créant le personnage allégorique de Maximus Wyld et en égrenant les jalons d’une carrière condamnée aux seconds rôles, ils décortiquent les rouages d’une industrie aux mains de puissants producteurs dont les ambitions furent autant le business que la reproduction sur grand écran d’une hiérarchie sociale écrasée par le mâle Blanc. Pour les femmes, les natives, les colored people et les étrangers, restent des rôles de faire-valoir ou de boucs-émissaires.
La Maison Blanche, le dernier “manuel” en date réalisé par Hervé Bourhis, n’est pas une boule de cristal. Bien malin.e celui ou celle qui à sa lecture parviendra à prévoir l’identité du prochain président des Etats-Unis. Mais cette Histoire illustrée des présidents des USA de George Washington à Donald Trump, comme est sous-titré l’album, dresse un panorama de presque 250 ans de politique états-unienne qui confirme que pour l’élection du POTUS, tout est possible, le meilleur comme le pire. (suite…)
Le conflit libyen a fait couler beaucoup d’encre ces dix dernières années. En 2020, le pays est remis en lumière par la récente mise en examen de Nicolas Sarkozy. Pourtant, il n’est pas aisé de comprendre ce qui s’y est passé et ce qui s’y passe encore. Francesca Mannocchi et Gianluca Costantini ont voulu rendre cette actualité plus claire grâce à leur bande dessinée Libye publiée chez Rackham. En parcourant la Libye d’aujourd’hui, les auteurs dressent un portrait complexe d’une réalité qui est loin de celle relayée par les médias européens.
1958, Errol Flynn nous invite à rencontrer les guérilleros du M-26, mouvement révolutionnaire de Fidel Castro, peu de temps avant la libération définitive de l’île. Du vaudeville initial, avec l’acteur américain comme figure de proue, Agustín Ferrer Casas nous emmène avec Tempête sur Cuba sur les sentiers de la révolution à la rencontre du plus sympathique des Cubains. Bande dessinée historique et uchronie, bienvenue dans la Cuba de 1958.(suite…)
Avec le cinquième volume de Mattéo Jean-Pierre Gibrat prolonge l’expérience de son personnage fétiche en Espagne pendant la Guerre civile. Le lecteur retrouve Mattéo à la tête d’une brigade de soldats anarchistes et républicains dans la ville d’Alcetria, où il espère retrouver la trace de sa famille perdue.(suite…)
Le photographe correspondant de guerre est une figure marquante de la guerre civile espagnole, avec Robert Capa comme représentant emblématque. Invoquant la réalité ou de manière fictive, la bande dessinée s’est emparée de ce type de personnage à maintes reprises. Retour à travers le 9e art sur cette facette caractéristique de la Guerre d’Espagne.(suite…)
Pour Evadées du harem, une adaptation en bande dessinée de son ouvrage de recherche, l’historien Alain Quella-Villéger apporte son expertise au scénario concocté par son frère Didier Quella-Guyot. Il nous parle de cette histoire de fuite d’un harem turc qui fit grand bruit au début du XXe siècle, et de sa façon de travailler. (suite…)
Avec Tomahawk, publié par les Edition Daniel Maghen, Patrick Prugne retourne, pour notre plus grand plaisir, au XVIIIe siècle, au milieu des coureurs des bois, des habits rouges et tribus indiennes. Si le scénario de son dernier album nous avait laissé un goût d’inachevé, celui-là est remarquablement mené, plein de surprises, peuplé de personnages puissants et intrigants, soutenu par une maitrise graphique étourdissante.
Avec La Malédiction du pétrole, Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard retracent l’histoire de l’exploitation de l’or noir en soulignant son importance économique et géostratégique. Les deux auteurs décryptent certains événements historiques et la politique extérieure des Etats-Unis (notamment) à l’aune du contrôle de l’approvisionnement en brut. Un bréviaire d’une grande clarté, indispensable pour comprendre les enjeux lié à l’extraction du pétrole.(suite…)
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