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Capitaine Kosack

2 mars 2026
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La Véritable histoire de Jeanne d’Arc : radiographie d’une héroïne malgré elle

Alors que la France s’approche à pas feutrés du 600e anniversaire de l’épopée johannique, celle qui influa sans conteste sur le dénouement de l’affrontement séculaire entre les royaumes de France et d’Angleterre inspire à nouveau le 9e art. Privilégiant les faits à un traitement passionnel du sujet, Séverine Lambour et Benoît Springer nous invitent à redécouvrir La Véritable histoire de Jeanne d’Arc, sous-entendant par l’adjectif que la Pucelle, bien malgré elle, a fait l’objet de moult instrumentalisations mensongères depuis sa mort sur le bûcher. Pour dédramatiser ce moment épique du roman national, Springer prête à son héroïne des traits et des expressions puisés dans les codes de la caricature. Au final, l’album instruit beaucoup mais n’évite pas un certain parti pris.

Depuis 2008, les éditions Les Échappés ont fait leur bonhomme de chemin. Leur but initial – publier sous forme de recueils les fameuses « unes auxquelles vous avez échappé » du magazine Charlie Hebdo – a gagné en ambition. Aujourd’hui, leur catalogue s’est enrichi de nombreux titres dont l’objectif est de traiter de sujets souvent engagés en se targuant de l’esprit Charlie : rigueur des sources, ton sarcastique, recours à l’image en appui du texte (ou l’inverse). Certains dessinateurs du magazine ont eu la bonne idée de franchir le pas de la BD*. Ainsi, à côté d’albums chroniquant des procès retentissants (celui de Maurice Papon en 1997 et celui des attentats contre Charlie en 2022) figurent, en bonne place et entre autres, une adaptation du Banquet de Platon et, plus proche des centres d’intérêt de l’hebdomadaire satirique, une biographie de Mahomet**.

A partir des minutes du procès

Dans cette optique de rafraîchir les connaissances sur des personnages ayant exercé une influence notable sur le cours de l’Histoire, Séverine Lambour et Benoît Springer proposent de redécouvrir La Véritable histoire de Jeanne d’Arc. La préface de Riss met l’accent sur la nécessité de connaître cette figure incontestable du roman national français dont l’épopée au funeste dénouement a servi toutes les causes, selon les époques. Faisant fi de l’exploitation par les idéologues de tout poil, Séverine Lambour reconstitue la vie de la Pucelle en exhumant ses informations d’une source dûment certifiée, à savoir les minutes de son procès en 1431***.

Pour faire pendant à la possible rigidité des éléments biographiques, Benoît Springer a pris le parti d’une illustration mixant réalisme des décors et cocktail caricature / manga pour représenter Jeanne. La couverture de l’album donne le ton : Jeanne, à la tête disproportionnée et au faciès grimaçant, brandit son étendard favori, qu’elle a fait peindre par Hauves Poulnoir, artiste tourangeau, juste avant de partir pour Orléans en mai 1429 (page 19). Cet étendard, porté par Jeanne en toute occasion et reconnaissable entre tous, est orné des figures de Jésus-Christ entouré de Sainte Catherine et Sainte Marguerite, de fleurs de lys et de la devise Jhesus Maria. Derrière leur cheffe de guerre, bravant les volées de flèches des archers anglais ou bourguignons, les fantassins casqués avancent, protégés par leurs boucliers.

Rien de tel qu’une carte illustrée pour planter le décor. Les berceaux de l’épopée johannique, Domrémy et Vaucouleurs, y apparaissent clairement en territoire ennemi du royaume de France. Les exactions bourguignonnes y déclenchèrent l’hostilité des habitants à l’Angleterre et à ses alliées et en réaction l’empathie précoce de Jeanne pour le Dauphin Charles. Crédit : Lambour / Springer / Les Echappés

Pour ne pas déroger à l’engagement d’un traitement objectif, les auteurs ont opté pour un récit classique  en flash-back à partir du commencement du procès de la Pucelle, le 21 février 1431. Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, ouvre donc les débats en admonestant Jeanne de dire la vérité en matière de foi, ce qu’elle jure sur les Évangiles (page 8). Sa vie va ainsi défiler sous les yeux et les oreilles attentives du jury rassemblé à Rouen. Rappelons que le procès de Jeanne est instruit par des juges appartenant tous au clergé et que les chefs d’accusation parlent notamment d’hérésie et de sorcellerie, crimes passibles d’une sentence définitive et se voulant dissuasive.

Premier aveu capital de Jeanne: en 1425, elle a vu et entendu Saint Michel lui prédisant son action militaire décisive devant Orléans assiégée. Crédit : Lambour / Springer / Les Echappés

La prime enfance

Les auteurs récapitulent de manière chronologique les trois actes (jeunesse, épopée et procès) de la courte vie de Jeanne, qui commence donc en quelques cases par instruire les jurés sur sa prime enfance (page 8) : sa naissance à Domrémy vers 1412, ses parents laboureurs plutôt aisés, ses trois frères aînés, sa piété précoce. Puis il lui faut évoquer la manifestation de ce qu’elle nomme « ses voix » : d’abord un flamboyant Saint Michel et son escorte d’anges « vus corporellement et réellement » annonçant l’arrivée prochaine de Sainte Catherine et Sainte Marguerite, les véritables commanditaires de l’opération « boutons les Anglais hors de France ». Bien que femmes s’adressant à une damoiselle, leurs conseils sont plutôt pragmatiques : affronter les armées anglaises nécessite a minima de maîtriser l’art équestre et le maniement de l’épée, donc de faire intercéder en sa faveur un homme de guerre, Robert de Baudricourt. Ce dernier ne cède qu’à la deuxième requête de Jeanne, et encore se laisse-t-il infléchir par des gens de son entourage et par la propagation d’une rumeur sur la réalisation d’une prophétie.

Jeanne et sa troupe entrent nuitamment dans Orléans dont le siège sera levé en une semaine. Au prix d’un engagement farouche et d’une blessure à l’épaule, elle gagne ses galons de cheffe de guerre. Crédit : Lambour / Springer / Les Echappés

L’épopée

Voici donc Jeanne à l’orée du deuxième acte de sa vie. Nous sommes le 23 février 1429. Cheveux coupés à la garçonne, à la tête d’une escorte digne de ce nom, elle gagne Chinon, résidence royale, en onze jours. Là, ses voix la guident vers le Dauphin, à qui elle relate sa mission divine d’en découdre avec l’Anglais. Après une énième enquête cherchant à dissiper tout risque de sorcellerie, le Dauphin consent en avril à envoyer Jeanne ravitailler Orléans. Entre temps, le « gentil duc » d’Alençon, convaincu dès les premiers instants de la bonne foi de Jeanne, lui a prodigué les bases d’une éducation militaire. Il faut maintenant imposer ses vues à des briscards comme Dunois, La Hire, Xaintrailles ou Gilles de Rais pour s’emparer du commandement de l’armée. En une semaine et un peu à la surprise des capitaines français, le miracle s’opère : Orléans est délivrée.

La chevauchée vers Reims ponctuée par l’apothéose du sacre, qui conforte autant le pouvoir royal que la croyance de Jeanne en sa mission divine. Crédit : Lambour / Springer / Les Echappés

Pour confirmer ce talent en herbe (ou pour se débarrasser de cette ingénue favorisée par le sort), le Dauphin lui ordonne ensuite de reprendre toutes les places fortes anglaise le long de la Loire : Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency et Patay (page 37 à 40). Autant de succès décisifs qui renforcent Jeanne dans son idée de conduire Charles à Reims pour son sacre, lequel sacre du 17 juillet 1429 déclenche une vague de ralliements de villes pourtant sous contrôle anglo-bourguignon. L’objectif devient évidemment Paris, mais son siège échoue. Deux dernières campagnes au bilan militaire mitigé débouchent en mai 1430 sur le fatidique siège de Compiègne, au terme duquel Jeanne est capturée le 23 mai 1430 vers 18 heures. La dernière étape,celle du procès, peut s’ouvrir.

Jeanne seule sous la mitraille des questions du jury. Par cette mise en pages, le but de montrer l’inhumanité du procès est atteint. Mais, à d’autres moments, la volonté de fournir le plus de détails possibles sur une séquence historique noie un peu le lecteur. Crédit : Lambour / Springer / Les Echappés

Des détails à foison

Cet album fourmille de détails attestant le travail colossal de Séverine Lambour sur l’aventure johannique. À de nombreuses reprises sont mentionnés les noms et qualités de tous ceux qui ont accompagné ou seulement approché la Pucelle depuis sa Lorraine natale jusqu’à sa geôle. Des hommes (en majorité) et quelques femmes, des Français, des Anglais, des Bourguignons, des Bretons, des guerriers et des politiques, des célébrités et des inconnus : dans la mesure du possible, Springer dessine et nomme ainsi plusieurs dizaines d’acteurs de l’univers johannique. De même, les batailles et leurs plans sont décrites avec minutie, par exemple la tactique ayant permis de lever le siège d’Orléans.

Au rang des informations historiques utiles à rappeler parce qu’elles humanisent Jeanne, Séverine Lambour mentionne le projet avorté de mariage en juillet 1428, l’anoblissement de toute sa famille en décembre 1429 ou ses tentatives d’évasion, dont celle du donjon de Beaurevoir le 14 juillet 1430 (page 56). Loin de la figure mystique stéréotypée, conditionnée par ses voix pour accomplir sa mission, Jeanne s’avère une jeune femme pleine d’émotions parfois exacerbées (comme la colère, pages 10 et 25, l’abattement pages 17 et 70, la fierté, page 49, la détermination, pages 36 et 60). Grâce à son choix d’une palette très expressive du visage de Jeanne, Springer dépeint tous ses états d’âme et n’oublie pas les larmes de douleur physique suite à des blessures (pages 31 et 47). Car Jeanne ne fut pas épargnée par les flèches et les carreaux anglais et fit l’expérience de la souffrance bien avant les tourments infligés par l’évêque Cauchon ou les flammes du bûcher.

Cette représentation diabolisé de l’évêque Pierre Cauchon laisse entrevoir de quel côté les auteurs situent le Bien dans ce procès. Crédit : Lambour / Springer / Les Echappés

La crainte de passer sous silence l’une ou l’autre des actions de Jeanne, même les plus anodines, sur les champs de bataille ou dans sa vie plus intime, a poussé le scénario dans un foisonnement d’informations, peut-être un trop-plein. Il est vrai, par exemple, que les tergiversations diplomatiques du Dauphin à l’égard du duc de Bourgogne pouvaient laisser perplexe. Entre la fin du siège d’Orléans et la capture de Jeanne à Compiègne, les adaptations permanentes aux circonstances ont de quoi dérouter. Mais il fallait sans doute, pour les auteurs, se montrer exigeant et rigoureux afin de prétendre au portrait objectif de cette première héroïne de l’Histoire de France, canonisée en 1920.

Une biographie aux accents féministes ?

Dans cette perspective et parce qu’on ne saurait soupçonner les Échappés de défendre une sainte, il n’est pas surprenant de relever, au fil des pages, quelques traits décochés à l’Église. Un Pierre Cauchon à qui il ne manque qu’une paire de cornes pour singer le Diable (page 56), un juré à l’haleine fétide (Jean Beaupère, docteur en théologie, page 9) et surtout un jury monolithique dénué de toute compassion (pages 58-59) acculant Jeanne à la faute pour mieux la convaincre d’hérésie et de sorcellerie. Et si cet album se refermant sur le sort réservé aux cendres de Jeanne et non à la naissance de sa légende brandissait non pas la bannière chrétienne mais celle du féminisme ?

Puisque même la vie de Jeanne d’Arc est une chose bien trop grave pour être prise totalement au sérieux, Springer a parsemé ses planches d’une multitude de petits détails tantôt absurdes, tantôt anachroniques. Ils apparaissent dans les pages 2 et 3 de couverture sous forme de petits hublots. Lectrices et lecteurs s’amuseront peut-être à dénicher au fil des pages quelques célébrités (Michael Jackson, Guillaume de Baskerville flanqué d’Adso de Melk ou Droopy) ou d’illustres inconnus en situation désopilante (mention spéciale au soldat anglais qui boit son thé au cœur de la mêlée). Aussi érudite dans le fond que divertissante dans la forme, cette nouvelle évocation de la destinée extraordinaire de la Pucelle de Domrémy leur en fera voir de toutes les Vaucouleurs !


* : Bien que désormais retiré de la rédaction de Charlie Hebdo, Luz s’est récemment distingué avec Deux Filles nues, paru chez Albin Michel en 2024. Cet album a reçu de nombreux prix dont le Prix Cases d’Histoire 2024.

** : Dans l’ordre des ouvrages cités : Le Procès Papon, un fonctionnaire de Vichy au service de la Shoah par Riss publié en 2017 ; 13 novembre 2015, le procès, par Benoît Springer, Corentin Rouge, Emmanuel Prost, Lorraine Redaud, Sylvie Caster et Xavier Thomann, publié en 2022 ; Le Banquet, adapté par Coco et Raphaël Enthoven en 2019 et enfin La vie de Mahomet, par Charb et Zineb El Rhazoui publié en 2013.

*** : On pourra retrouver les minutes du procès à la base du travail de Séverine Lambour sur ce site.


La Véritable histoire de Jeanne d’Arc. Séverine Lambour (scénario). Benoît Springer (dessin). Les Échappés. 82 pages. 22 euros.


Les dix premières planches :

 

  • Capitaine Kosack
  • Thierry Lemaire
4.3
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