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Arnaud Degremont-Bernet

24 avril 2026
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  • Époque contemporaine
  • XXe siècle
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Derrière la catastrophe de Tchernobyl, les drames humains

Publié en 2011 pour les 25 ans du drame, Prix Tournesol 2012, Tchernobyl est réédité pour les 40 ans de l’accident. Derrière un titre aux accents typographiques évoquant clairement l’esthétique soviétique, l’album plonge le lecteur au cœur de l’une des plus grandes catastrophes nucléaires de l’histoire, survenue dans l’ancienne Union soviétique : l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire V. I. Lénine de Tchernobyl dans l’actuelle Ukraine, le 26 avril 1986. Mais raconter une catastrophe aussi documentée pose une question essentielle : que peut encore apporter une bande dessinée sur le sujet ? Natacha Bustos et Francisco Sánchez font un choix fort : ne pas revenir sur les causes de l’accident, ni sur son déroulé technique, mais s’intéresser exclusivement à ses conséquences humaines. C’est là que réside l’intérêt de l’œuvre. En construisant leur récit autour de trois générations d’une même famille, les auteurs proposent trois manières de vivre — et de survivre — à Tchernobyl.

À l’époque, la catastrophe dépasse largement le simple accident industriel pour devenir un symbole des dérives d’un système. Cette nuit-là, l’explosion libère dans l’atmosphère d’immenses quantités de matières radioactives, contaminant durablement des territoires entiers à travers l’Europe. Si l’événement trouve son origine dans un enchaînement d’erreurs humaines et de défauts techniques, son ampleur est surtout révélatrice d’un manque criant de transparence et de préparation. Les autorités tardent à reconnaître la gravité de la situation, exposant inutilement des milliers de personnes. Tchernobyl illustre ainsi non seulement les dangers du nucléaire mal maîtrisé, mais aussi les conséquences d’une gestion politique défaillante face à une catastrophe majeure.

Crédit : Francisco Sanchez / Natacha Bustos / Des ronds dans l’O

Un contraste visuel porteur de sens

La couverture, en couleurs, contraste avec les dessins intérieurs de l’album, réalisés dans un style crayonné en noir et blanc, sans pour autant perdre en intensité émotionnelle. Dans cette illustration qui introduit le récit, le regard est immédiatement attiré par des visages à peine esquissés, à la fois fragiles et presque fantomatiques. On distingue deux personnages, vraisemblablement jeunes et marqués par la catastrophe. Ce parti pris graphique, à la fois minimaliste et chargé de sens, se révèle particulièrement riche et invite le lecteur à une lecture attentive, précautionneuse presque introspective. En témoigne la présence du renard au premier plan, représenté dans ce qui semble être la ville abandonnée de Prypiat. L’animal constitue un symbole fort : celui d’un monde déserté par l’homme, où la nature reprend silencieusement ses droits (les deux visages dessinant le contour de cette scène). Toutefois, derrière cette représentation se dessine la réalité d’un drame écologique et humain profond, ce dernier constituant l’axe central de la lecture.

Construit en chapitres, le récit propose de suivre Leonid, Galia, Vladimir, Anna, Youri et Tatiana confrontés à une catastrophe désormais connue de tous. À l’approche des commémorations des quarante ans, le récit revient également sur la persistance de ce « mal invisible », dont les effets demeurent encore aujourd’hui.

Crédit : Francisco Sanchez / Natacha Bustos / Des ronds dans l’O

Revenir malgré tout : le déni ou l’attachement à la terre

Le premier chapitre se concentre sur Léonid et Galia, un couple âgé qui décide de retourner vivre dans la zone interdite. Ce choix dépasse la simple fonction narrative d’introduction : il fait directement écho à une réalité historique. Après l’évacuation, plusieurs centaines d’habitants — environ 300, souvent âgés — sont revenus s’installer clandestinement dans leurs anciennes maisons, incapables de se détacher de leur terre natale. La bande dessinée restitue avec justesse cette dynamique : il ne s’agit pas d’un acte d’inconscience, mais d’un attachement profond, presque instinctif, à un lieu chargé de toute une vie. Les silences des personnages, leur grande économie de paroles, exprime cette forme de résignation apaisée. Ce parti pris narratif contribue à rendre crédible la représentation du couple âgé : peu bavards, observateurs, et très soudés. Cependant, ce retour sur leurs terres implique — perspective encore plus évidente aujourd’hui — une exposition directe aux radiations et à leurs effets destructeurs sur la santé.

Toute possibilité de vie normale s’en trouve compromise. Le potager, en apparence luxuriant, ne doit sa vigueur qu’à un sol contaminé, tandis que la faune présente des formes altérées par des mutations. Cette situation fait écho à la réalité de la zone de Tchernobyl, devenue un espace paradoxal : la nature y semble reprendre ses droits, mais dans un environnement profondément contaminé. Certaines politiques mises en œuvre après la catastrophe — comme l’abattage d’animaux ou la destruction de habitations — rappellent par ailleurs la brutalité des mesures prises pour tenter de contenir un désastre largement incontrôlable.

Crédit : Francisco Sanchez / Natacha Bustos / Des ronds dans l’O

Vivre la catastrophe : confusion, silence et mensonge

Le deuxième chapitre, centré sur Vladimir et Anna, est sans doute le plus intense. Ici, les auteurs s’attachent à restituer non pas l’explosion elle-même, mais l’expérience immédiate de ceux qui l’ont vécue sans en comprendre l’ampleur. C’est dans cette partie que l’album trouve une de ses plus grandes forces : montrer la désinformation. Les dialogues, volontairement simples, reprennent des éléments bien documentés — des autorités appelant au calme tout en se protégeant elles-mêmes, des habitants laissés sans consignes claires, une évacuation tardive. L’angoisse naît précisément de ce décalage entre ce qui est dit et ce qui est fait. Elle est renforcée par les ellipses narratives : le flou autour du sort de Vladimir, par exemple, renvoie directement à la réalité des « liquidateurs », ces centaines de milliers d’hommes envoyés sur place pour contenir la catastrophe, souvent au péril de leur vie.

Les effets sur la santé et sur l’environnement Vladimir les connaît bien, puisqu’il travaille à la centrale. On suit son quotidien avec son épouse Anna, la fille de Léonid et Galia, et leur deux enfants. Il est fait de moments heureux — la fête du Travail du 1er mai qui approche, l’inauguration prochaine du parc d’attractions —, de sorties familiales et des obligations de la vie courante : le travail, l’école, les courses. Jusqu’à cette nuit du 26 avril 1986, ou tout bascule lorsque le réacteur n°4 de la centrale explose. La bande dessinée ne cherche pas à tout expliquer, et c’est un choix pertinent. Elle restitue plutôt une sensation : celle d’un événement incompréhensible, où l’on manque d’informations au moment même où elles sont vitales. Angoissant.

Crédit : Francisco Sanchez / Natacha Bustos / Des ronds dans l’O

Revenir pour comprendre : mémoire et reconstruction

Le troisième chapitre adopte une autre perspective, celle des enfants devenus adultes. Youri et Tatiana, les enfants de Vladimir et Anna, retournent à Tchernobyl plusieurs années plus tard dans une démarche qui dépasse la simple curiosité : il s’agit pour eux de comprendre, et peut-être aussi de se reconstruire. Ici encore, la fiction rejoint la réalité. Depuis les années 2000, la zone est devenue à la fois un lieu de mémoire et un site touristique. On parle à ce sujet de “dark tourism”, désignant les visites de lieux marqués par des catastrophes historiques.

Prypiat, en particulier, attire de nombreux visiteurs, car la ville est restée figée dans le temps. Dans ce contexte, d’anciens habitants ou leurs descendants y reviennent parfois pour affronter un passé demeuré en suspens. La bande dessinée met également en lumière un aspect souvent moins évoqué : la difficulté de reconnaissance des victimes. Entre la peur de la contamination, le silence politique et l’oubli progressif, beaucoup ont été marginalisés. Cette dernière partie souligne ainsi un enjeu central : celui de la mémoire. Que faire d’un événement longtemps  minimisé ou déformé ?

Crédit : Francisco Sanchez / Natacha Bustos / Des ronds dans l’O

Une œuvre plus humaine qu’historique

Les 184 pages de Tchernobyl sont structurées autour de choix graphiques et narratifs affirmés. Ces partis pris renforcent l’efficacité de l’album, en faisant une bande dessinée à la lecture fluide et agréable. Le récit est complété par un riche appareil documentaire, soigneusement élaboré, qui apporte une réelle plus-value et compense certaines limites du scénario, lequel ne vise pas l’exhaustivité. L’album ne prétend pas se substituer à un documentaire ni à un ouvrage historique. Sa force réside ailleurs : dans sa capacité à incarner la catastrophe. En définitive, l’intérêt principal de cet ouvrage tient à son angle de narration. En abordant Tchernobyl non pas comme un simple événement, mais à travers une mosaïque de destins humains, les auteurs offrent une lecture à la fois sensible et accessible du drame. Sans renouveler profondément le sujet, cette approche a le mérite d’en rappeler l’essentiel : ses répercussions, qui restent toujours d’actualité.


Tchernobyl. Francisco Sanchez (scénario). Natacha Bustos (dessin). Des Ronds dans l’O. 184 pages. 22 euros.


Les dix premières planches :

 

  • Arnaud Dégremont-Bernet
  • Thierry Lemaire
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Arnaud Degremont-Bernet

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