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C’est par l’appel du 18 juin que le général de Gaulle donne naissance à la Résistance face à l’Occupation allemande. En ces jours sombres, peu de Français écoutent la radio de Londres. Beaucoup font confiance au maréchal Pétain pour les protéger d’un envahisseur germanique revanchard. Dans une fiction fort bien documentée, Benoît Ers et Vincent Dugommier imaginent la genèse d’actions de résistance d’adolescents, dès l’été 1940, dans un village français. Et si la Résistance n’a pas été un jeu d’enfant, de jeunes adolescents ont vraiment œuvré en France contre l’occupant, entre 1940 et 1944.

La nouvelle série de fiction des éditions du Lombard, « Les Enfants de la Résistance », offre une vision à hauteur de jeunes adolescents – 12 – 13 ans – des années sombres de l’histoire de France, entre 1940 et 1944. Les jeunes lecteurs peuvent ainsi facilement s’identifier à des héros, deux garçons et une fille, qui entrent en Résistance pour des raisons variées.  C’est dans un village inventé de toutes pièces, que Vincent Dugomier fait grandir ses jeunes héros. Leurs aventures fictives sont on ne peut plus crédibles, car elles sont inspirées de nombreux témoignages recueillis par les auteurs et par des exemples pris dans une vaste et sérieuse documentation, à l’exemple des actions d’espionnage à partir d’un cerf-volant de Jean-Jacques Auduc, 12 ans à l’époque, Croix de guerre à la Libération en reconnaissance des services rendus.

Les années noires d’un village français

Le premier volume débute au printemps 1940, les habitants du village de Pontain l’Écluse, dans l’Est de la France, comprennent que la guerre est mal engagée quand ils voient passer les cohortes de civils en déroute de l’exode. Isolée, la Belge germanophone Lisa est ainsi recueillie par la famille de François. Le jeune garçon accepte difficilement la jeune fille qui parle la langue de l’ennemi, d’autant qu’un détachement de l’armée allemande occupe le village, dès le mois de juin. François et son ami Eusèbe, continuent de jouer aux billes quand défilent les soldats nazis, sans leur jeter un regard. C’est la première manifestation de leur refus de se résigner. Elle ne prête pas à conséquence, mais elle marque leur désaccord avec la pensée majoritaire du début de l’été 1940. Leurs parents semblent accepter la défaite et se soumettre à la tutelle du vainqueur de Verdun : le vieux maréchal Pétain.

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Tout ceux qui parlent allemand ne sont pas forcément des ennemis.

Comment résister ?

Lisa comprend ce que se disent les soldats de la Wehrmacht. Elle informe ses camarades des ordres de pillage d’usines reçus par les troupes d’occupation. Eusèbe et François cherchent un moyen d’en informer les adultes. Ils impriment sur une presse enfantine des messages sur des restes de papier peint. Ces tracts marquent leur début de résistant. Les villageois sont interpelés, d’autant que plusieurs se posent des questions sur la politique de collaboration voulue par Pétain, après la poignée de main de Montoire entre le maréchal et Adolf Hitler. Le premier volume de cette série est remarquable, les auteurs évitant tout manichéisme : les personnages évoluent, il n’y a pas d’un côté les gentils résistants et de l’autre les méchants occupants. Les points de vue sont multiples et argumentés, la complexité de la période n’est pas éludée, le contexte historique est respecté, mois par mois.

Une bande dessinée didactique et vivante

Fort bien documenté, sans jamais se départir d’un certain humour, le scénario de Vincent Dugomier est irréprochable : que ce soit dans son approche historique ou dans sa façon de détailler l’évolution de ses personnages adolescents ou adultes. Les aquarelles aux belles nuances de Benoît Ers donnent un côté vintage à des aventures narrées sans temps morts, avec des alternances de plans très cinématographiques. La bande dessinée est complétée d’un dossier pédagogique rédigé par Vincent Dugomier lui-même, et d’un site ludo-interactif hébergé par le site des éditions du Lombard.

Si pendant longtemps les années 1940 – 1944 ont constitué « un passé qui ne passe pas », selon la formule d’Henri Rousso, on constate que les œuvres de fictions pour le grand public, comme la série télévisée « Un Village Français » ou cette bande dessinée permettent au plus grand nombre d’aborder sereinement cette époque, où « les Français ne s’aimaient pas », selon la formule de Georges Pompidou.

Les Enfants de la Résistance t.1 Premières actions. Vincent Dugomier (scénario). Benoît Ers (dessin et couleurs). Le Lombard. 48 pages. 10,60 €

Les 5 premières planches :

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