Bofa

Figure marquante des illustrateurs français de l’entre-deux-guerres, Gus Bofa est tombé dans l’oubli dès les années 50, au moment où les éditions de luxe de livres reliés périclitaient. Depuis quelques années, le dessinateur de génie retrouve la lumière. En témoigne cette exposition organisée pendant les « Rencontres du 9e art » d’Aix en Provence.

Grâce notamment aux différents livres écrits par Emmanuel Pollaud-Dulian, le talent de Gus Bofa ressurgit aux yeux du grand public. Ses contributions dans des revues satiriques comme La Baïonnette ou Le Crapouillot sont absolument irrésistibles d’humour noir et de qualité graphique. Avec l’exposition « L’assassinat considéré comme un des beaux-arts » (livre paru en 1930), c’est son activité d’illustrateur pour beaux livres qui est mise à l’honneur. Très marqué par la Première Guerre mondiale, dont il sortit grièvement blessé aux jambes, Bofa développe dans cette mise en image d’un texte de Thomas de Quincey sa vision pessimiste de l’existence. Y sont décrits les dits meurtres, en deux temps. Le dessin supérieur, de grande taille, présente l’action juste avant (ou plus rarement juste après) le crime. Le bandeau inférieur montre le cadavre ou la raison du meurtre. Noir, sans espoir, et fascinant.

Le site officiel dédié à l’œuvre de Gus Bofa.

Gus Bofa – l’enchanteur désenchanté. Emmanuel Pollau-Dulian. Éditions Cornélius. 552 pages. 55 €

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