Logo-Prix-CdH01Nicolas Juncker semblait destiné à devenir le premier lauréat du Prix Cases d’Histoire. En effet, depuis ses débuts dans le 9e art, les deux éléments qui sont l’essence même de notre jeune site – l’histoire et la bande dessinée – se retrouvent également dans chaque recoin de son œuvre.

Après des études d’histoire, Nicolas Juncker devient dessinateur de presse, puis professeur de bande dessinée au conservatoire des Arts de Saint-Quentin-en-Yvelines. En 2003, à 30 ans tout pile, il publie son premier album de bande dessinée, intitulé Le Front (éd. Treize étrange). L’époque ? Celle de la Grande guerre. Le lieu ? Une tranchée putride. Le sujet ? L’épouvantable quotidien du soldat. Un premier essai transformé, malgré un terrain rendu glissant par le travail colossal de Jacques Tardi.

Deux ans plus tard, Nicolas Juncker sort Malet (éd. Treize étrange), un livre qui mêle récit historique, frustration sociale, et conspiration politique, sur fond de Premier Empire. Toujours chez le même éditeur, l’auteur publie ensuite D’Artagnan – Journal d’un cadet, en 2008 (mise en couleurs de Greg Salsedo). Fidèle à l’œuvre d’Alexandre Dumas, ce copieux volume (253 pages) n’en constitue toutefois pas une adaptation pure et simple en bande dessinée. Il se présente comme le journal de bord de d’Artagnan, flirtant dès lors plus avec l’étude psychanalytique du célèbre personnage qu’avec les scènes d’action du roman de cape et d’épée.

En 2009, Nicolas Juncker entame l’ambitieuse série Immergés ; un polar sombre, doublé d’un huis-clos oppressant dans le ventre d’un sous-marin allemand, durant la Seconde Guerre mondiale. Un projet titanesque, puisque 20 tomes sont prévus. D’aucuns le comparent déjà à Das Boot en bande dessinée. Malgré l’excellent accueil critique, l’aventure s’arrête malheureusement au tome 3, faute de ventes suffisantes.

Là où d’autres se seraient découragés, Nicolas Juncker préfère enfoncer le clou. Il se lance dans ce qui deviendra La Vierge et la Putain. Ce double-album réussit non seulement à restituer le contexte d’un duel à mort devenu légendaire entre deux femmes de pouvoir, mais il constitue également une prouesse artistique. La narration de chacun des livres répond en effet à celle de l’autre, incitant très vite le lecteur à se plonger simultanément dans les deux ouvrages, pour une séance de gymnastique tout d’abord déroutante, puis rapidement jouissive.

La Vierge et la Putain, de Nicolas Juncker (Glénat).

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Les 5 premières planches d’Elizabeth Tudor :

Les 5 premières planches de Marie Stuart :

 

 

Pour mémoire, voici les autres finalistes :

Amère Russie, d’Aurélien Ducoudray et Anlor (Bamboo)

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Les Esclaves oubliés de Tromelin, de Sylvain Savoia (Dupuis).

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Facteur pour femmes, de Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice (Bamboo).

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Juger Pétain, de Philippe Saada et Sébastien Vassant (Glénat).

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